Du vert à perte de vue

La culture de la canne à sucre

Impossible d’imaginer les paysages réunionnais sans ses vastes étendues de cannes à sucre. Et pourtant, ce n’est qu’à partir du XVIIème siècle que la canne à sucre fut importée par les Britanniques sur l’île Bourbon.

Bien que son origine demeure incertaine, pour certains, elle serait originaire de l’Archipel de la Nouvelle-Guinée et pour d’autres, elle proviendrait de l’Asie du Sud.

Le café fut la culture d’exportation principale jusqu’en 1848. A partir de cette année-là, date de l’abolition de l’esclavage, l’arrivée massive des travailleurs engagés du Sud de l’Inde engendra l’essor de la culture de la canne à sucre. La production s’étendit peu à peu sur toute l’île et jusqu’à devenir la production agricole principale.

Aujourd’hui, les deux usines sucrières situées de part et d’autre de l’île se partage la production : l’usine du Gol à Saint-Louis pour le traitement des cannes du Sud, et celle de Bois-Rouge à Saint-André pour celles de l’Est. En 2017, le groupe Téréos (actuel propriétaire des sucreries) a fêté les 200 ans des deux dernières sucreries de La Réunion.

Visite distillerie et sucrerie de Bois-Rouge

« Li lé bon, li lé sucré »

La canne à sucre est une plante de la famille des graminées (Poaceae). Elle peut atteindre 2 à 6 mètres de haut et des tiges de 1 à 6 cm de diamètre.

Cette plante vivace est avide de climat chaud et humide mais surtout gourmande en eau, ce qui explique son intégration parfaite et massive dans la région Est de l’île notamment.

Elle est cultivée sur 57% de la superficie agricole de l’île. Lors de la récolte, une partie de la tige coupée est laissée au sol pour favoriser les prochaines repousses. C’est seulement après la cinquième voir la sixième récolte qu’il faut replanter le champ par boutures avec des « cannes vierges ».

Cet « or vert », en plus de faire la richesse de l’île, a une grande capacité à absorber le gaz carbonique. En un an, un demi hectare de cannes peut absorber 30 tonnes de gaz carbonique et produire 21 tonnes d’oxygène neuf. De plus, par son réseau racinaire profondément développé, elle réduit l’érosion des sols en les fixant et en améliorant leur structure.

La bagasse (fibre restante une fois la canne broyée), est ensuite recyclée pour produire de l’énergie : de la vapeur dans les sucreries et de l’électricité.

La canne à sucre est récoltée par les coupeurs de cannes, de manière traditionnelle (la plus répandue à La Réunion) avec une machette (appelée « sabre ») ou de manière mécanique avec des machines agricoles.

Le coupeur de cannes est aujourd’hui encore un symbole fort de la culture réunionnaise. Le travail à accomplir est une activité très physique et pénible. Les cannes sont dures, les feuilles coupantes et le soleil de plomb accompagne les longues journées de récolte sur une période qui s’étend de juin à décembre, lorsque le sucre s’est accumulé au maximum dans les tiges, au moment où la canne arrive à maturité.

Une fois chargés, les « cachalots » se dirigent alors vers les usines où la canne sera transformée en sucre, en jus ou bien en rhum à partir de la mélasse (sirop épais de la canne).

Visite guidée "Journée culturelle de la canne au sucre"

Une filière dynamique

La canne à sucre couvre près de 60% des surfaces cultivées à La Réunion (plus de 24000 ha) soit plus de 3000 exploitations. Chaque année, environ 1,9 million de tonnes de cannes sont récoltées pour une production moyenne de 210 000 tonnes de sucre. L’usine du Gol et l’usine de Bois-rouge sont réputées mondialement pour leur haut niveau de performance.

La filière Canne-Sucre de La Réunion génère plus de 18 300 emplois directs, indirects et induits dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie, des transports, de l’énergie et de la recherche, et se hisse au second rang des plus importantes sources de revenus à l’exportation, derrière le tourisme.

Elle est la première industrie agro-alimentaire de l’île.

Aujourd’hui, les champs de cannes à sucre, l’odeur des cannes fraîchement coupées, les « cachalots » plein à craquer, les balances, les sabres et les « bertels » des coupeurs de canne sont autant de symboles forts ancrés dans le patrimoine culturel de La Réunion.

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