Patu de Rosemont, Lacaussade… Beaucoup de ces noms nous évoquent des lieux emblématiques de l’île. Mais connaissez-vous l’histoire des grands hommes qui se cachent derrière des rues ou monuments historiques de l’Est de La Réunion ? On vous propose de découvrir les portraits des personnalités qui ont marqué l’histoire de l’Est et plus globalement de notre île.

Auguste Lacaussade : de St-André à Hell-Bourg

Le poète Auguste Lacaussade n’a jamais cessé de clamer son amour pour La Réunion à travers ses textes et ses combats. Né le 08 février 1815 à St-Denis, d’une mère métisse bourbonnaise, ancienne esclave, Françoise Banks dites Fanny Desjardins, et d’un père avocat, Pierre-Augustin Cazenave de Lacaussade, Auguste est déclaré sous le registre d’état civil réservé aux Noirs libres et affranchis. Ayant du sang de couleur, il va faire les frais du racisme et de la discrimination, ce qui le marquera profondément et façonnera la vision retranscrite dans ses écrits. Auguste Lacaussade devient ainsi un ardant défenseur de l’abolition de l’esclavage. Plusieurs de ses textes dénoncent le traitement inhumain des esclaves sur l’île.

Portrait d'Auguste Lacaussade, poète, Ces personnalités qui ont marqué l’histoire de l’Est de La Réunion

L’esprit du poète Auguste Lacaussade habite aujourd’hui encore plusieurs lieux de notre île, que vous pouvez visiter pour vous remémorer combien son histoire a marqué les Réunionnais. Décédé le 31 juillet 1897 à l’âge de 82 ans, Auguste Lacaussade a été inhumé au cimetière de Montparnasse. Son souhait ayant toujours été d’être enterré à la Réunion, ses restes ont été ramenés sur notre île en février 2006. Il repose désormais au cimetière paysager d’Hell-Bourg, aux côtés de son ami le poète écossais William Falconer. Si vous êtes de passage dans ce petit village bourré de charme niché dans le cirque de Salazie, on vous conseille de suivre la rue Amiral Lacaze, qui mène au cimetière. Avant de prendre la route en direction du cirque, vous pouvez vous arrêter à Saint-André au Parc Lacaussade, inauguré en décembre 2022. Celui-ci abrite notamment le Jardin de la mémoire avec des stèles et statues en rapport avec l’abolition de l’esclavage. Un lieu qui rend bien hommage au combat d’Auguste Lacaussade.


Volcenay Zitte : le bandit enterré au cimetière de Hell-Bourg

Volcenay Zitte se trouve être un célèbre bandit sanguinaire, qui a terrorisé les Réunionnais en 1919. Il sévit dans les hauts de Saint-Paul, à la Possession et à Saint-Denis, en s’introduisant dans des cases pour voler. Volcenay Zitte ne s’arrête pas là. On lui prête de graves méfaits, dont des viols et assassinats. Le fugitif est finalement arrêté chez sa sœur à Marla dans le cirque de Mafate. Un guet-apens a été tendu mais Volcenay Zitte ne sera pas ramené vivant. Durant le trajet pour l’escorter hors du cirque, Volcenay Zitte se suicide et meurt à Grand Sable.

Son corps est porté jusqu’au village de Hell-Bourg pour une autopsie. Sa tête est quant à elle ramenée à St-Denis pour prouver qu’il est bien décédé en route.

Le corps de Volcenay Zitte fût enterré à Hell-Bourg sous une grosse pierre avec une croix. Cette tombe de fortune, au pied de laquelle on trouve parfois des offrandes, est encore visible aujourd’hui dans le cimetière bucolique de Hell-Bourg. Sa tête a, quant à elle, été mise en terre près du cimetière de l’est de St-Denis, plus précisément dans la fosse commune réservée aux criminels.

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Jean-Joseph Patu de Rosemont et la chapelle de Rosemont à Ste-Rose

Figure emblématique, le peintre Jean-Joseph Patu de Rosemont est notamment connu pour ses aquarelles qui représentent les paysages de La Réunion. Vous pouvez d’ailleurs encore de nos jours marcher sur les traces de l’artiste du XVIIIème siècle, que le destin a conduit sur notre île. Né en métropole en 1766, Jean-Joseph Patu de Rosemont découvre l’île par hasard suite au naufrage du navire à bord duquel il se trouve. Jean-Joseph Patu de Rosemont décide alors de s’installer à La Réunion et épouse une métisse bourbonnaise Jeanne Tarsile Bregeault, avec qui il a onze enfants. Parmi eux, Aristide Désiré Marie Joseph Patu de Rosemont qui va devenir le maire de St-Benoît. C’est donc dire si le passage de Jean-Joseph Patu de Rosemont a façonné le destin de la ville. Bâti dans les années 1970, le lycée de St-Benoît a d’ailleurs hérité du nom Patu de Rosemont.

En 1791, Jean-Joseph Patu de Rosemont part à la découverte de l’île lors d’une expédition au Piton de la Fournaise conduite par le naturaliste Joseph Hubert et le capitaine Alexis Bert. L’artiste va alors laisser son nom à une formation naturelle de l’Enclos Fouqué : la chapelle de Rosemont. Malheureusement, celle-ci appartient désormais au passé. La chapelle de Rosemont a été engloutie à jamais sous la lave de la coulée volcanique de 2018.

La Chapelle Rosemont a été formée par une bulle d'air au cours d'une éruption du volcan.

Bellecombe et son esclave Jacob à la découverte du volcan et ses alentours

Guillaume Léonard de Bellecombe se trouve être un militaire et administrateur colonial français, qui arrive à La Réunion en 1766. Fin 1768, il participe à une expédition au volcan menée par Honoré de Crémont. Une fois arrivée au Pas de Bellecombe, l’équipe composée d’une vingtaine de personnes se demande comment accéder à l’Enclos Fouqué, dernière caldeira formée par le Piton de la Fournaise. Le gouverneur met alors au défi son esclave Jacob, qui participe à l’expédition en tant que porteur : s’il parvient à trouver un passage et accéder à l’Enclos, il récoltera six pièces de toile.

Jacob accepte. Il révèle alors au groupe l’emplacement du pas et va descendre la falaise au péril de sa vie. Bellecombe lui ne mettra jamais les pieds dans l’Enclos.

La révélation de Jacob a été vécue comme un acte de trahison pour les esclaves en fuite, qui se réfugiaient au sein de l’Enclos pour échapper à leur propriétaire.


Nicole Robinet de La Serve : un monument funéraire au cimetière de St-André

Le cimetière du Centre Ville de St-André vaut qu’on s’y arrête pour se recueillir sur le monument funéraire de Nicole Robinet de La Serve, inscrit au titre des Monuments historiques. En son sein reposent les restes de l’homme politique et on peut y lire l’inscription « Au défenseur des libertés coloniales ». Le militant créole Nicole Robinet de La Serve s’est fait surtout connaître sur notre île en fondant la société secrète Les Francs-Créoles au début du XIXème siècle. Composé de nombreux francs-maçons, le mouvement clamait notamment la liberté de la presse.

Ils créent dans un premier temps le journal Le Furet puis impriment clandestinement un titre de presse appelé Le Salazien. Ils réclament la création à Bourbon d’une assemblée élue et vont obtenir gain de cause. Le Conseil Colonial de Bourbon voit le jour et permet entre autres de voter le budget intérieur. Le mouvement va se heurter au gouverneur Etienne-Henri Mengin du Val d’Ailly, avec qui Nicole Robinet de La Serve est régulièrement en conflit. Ses idées et sa plume aiguisée ne plaisent pas toujours.

Nicole Robinet de La Serve opère sur plusieurs fronts. Elu conseiller général de St-André et de Ste-Suzanne, le militant va ardemment œuvrer pour développer Salazie, où il meurt le 18 décembre 1842. Il laisse derrière lui d’importants combats, qui ont fait de notre île ce qu’elle est aujourd’hui.

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