Le Patrimoine de Salazie

Le Patrimoine de Salazie

Dans l’Est, 2 communes en altitude : La Plaine des Palmistes et Salazie ! On va se pencher un peu plus sur la seconde lors de cette balade. Salazie est une commune mais aussi un cirque. Évidemment, un cirque à la Réunion, c’est forcément à part !

Dans le langage courant, en géologie, un cirque est d’origine glaciaire. C’est-à-dire qu’il est formé par la glace qui descend et écarte les parois rocheuses (ok, c’est très imagé mais, grossièrement, c’est l’idée). Ici, c’est un tout autre schéma ! En effet, nos cirques entourent le Piton des Neiges.

Ce dernier est posé sur le plancher océanique à 4 000m de profondeur environ et durant 2 millions d’années, il a craché et est monté pour émerger, il y a environ 3 millions d’années. Et depuis, il a continué à monter en altitude pour atteindre les 4 000m, avant de redescendre à 3 070m à ce jour.

C’est là qu’on commence à comprendre la création des cirques. En effet, quand les cuves (chambres magmatiques) se sont vidées, le poids de la roche en surface a accéléré les effondrements de terrain qui ont créé les cirques. Si on rajoute à cela les précipitations et les conséquences de l’érosion, on obtient à peu près le profil actuel de Mafate, Cilaos et Salazie.
Enfin, pour Salazie, c’est encore autre chose. En effet, c’est le plus grand en surface et son embouchure, celle de la Rivière du Mât, est ouverte à l’Est. D’où arrivent les Alizés, et avec eux, les nuages. Et, quand nos petits nuages rentrent dans les terres et finissent par buter contre les parois rocheuses, il se met à pleuvoir. Et souvent, beaucoup ! Résultat, Salazie est le cirque le plus vert et les cascades sont le décor naturel prédominant.

Résultat, Salazie est le cirque le plus vert et les cascades sont le décor naturel prédominant.

Comme dans les autres cirques, les hommes ont investi chaque parcelle plus ou moins plane pour s’y installer et y développer l’agriculture.

On a donc des ilets aux noms de Salazie-village, Bois de Pomme, Mare-à-Poule-d’Eau, Hell-Bourg, Ilet-à-Vidot,Mare-à-Citrons, Mare-à-Vieille-Place, Grand Ilet ou Mare-à-Martin. Et au milieu du grand cirque, dans chaque petit village, une micro-société se développe avec des valeurs qui peuvent paraître d’un autre temps, mais qui font toute la richesse du territoire ! Je crois que le plus simple, c’est de paraphraser un jeune : « les gens d’en bas sont vraiment bizarres ! » ! parole prononcée dans le plus grand respect et avec l’espoir de comprendre un jour.

Le village d'Hell-Bourg

Hell-Bourg tient son nom du gouverneur De Hell, venu installer ses quartiers d’été en altitude. La tradition du changement d’air est très courante à La Réunion.

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Église de Grand Ilet

A l’autre bout du « Y » de Salazie, nous avons Grand Ilet. Village agricole par excellence, il est aussi le passage obligé pour accéder aux Hauts de Mafate. Au pied du Piton des Neiges, il est entouré de montagnes aux noms évocateurs : le Cimendef, la Roche Ecrite, Bé Cabo…

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Les Anciens thermes

Les anciens Thermes de Hell-Bourg font partie des incontournables dans la découverte du petit village classé parmi « les plus beaux villages de France ».

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Les cascades de Salazie

Le Voile de la Mariée, la Cascade Blanche, le Pisse-en-l’air, les 3 Cascades, Fleurs Jaunes, … et puis toutes celles qui n’ont pas de nom, parce que trop petite, ou éphémère. Je vous ai déjà expliqué que le cirque étant orienté à l’Est, il reçoit beaucoup d’eau directement du ciel.

 

Je dois ici compléter mon propos. La Réunion, c’est vraiment l’ile de la chance ! Notre trèfle était avant à quatre feuilles : le 4éme cirque, celui des Marsouins, a été comblé par les dernières coulées du Piton des Neiges. Et c’est sur ces terres volcaniques par excellence que s’est installée la forêt de Bélouve. Elle est située sur un mille-feuille de coulées volcaniques, certaines étanches et imperméables, et d’autres poreuses et perméables. Sur cette zone, orientée à l’Est également et appelée « forêt éponge », autant de précipitations. Mais l’eau s’infiltre et passe du temps entre ces roches pour ressortir sur les falaises (« remparts ») de Salazie. Cela nous offre le panorama « commun » de Salazie. Vous imaginez ?

Mare à Poule d'eau

Parmi les plateaux de Salazie, il y a la Mare à Poule d’Eau. Alors soyons d’accord, c’est un petit plateau ! mais suffisant pour concentrer des habitations, des petits commerces et une chapelle.

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Bélouve

Rien que le titre… et on est parti vers des contrées exotiques voire, fantasmagoriques, où des créatures fantastiques nous attendent pour nous entraîner dans leur univers.

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Grand sable, le village englouti

Le cirque de Salazie est le plus vaste. Tout au fond, d’un côté, Ilet-à-Vidot, au bout de la route d’Hell-Bourg. De l’autre, Grand Ilet, juste en dessous de la Roche Ecrite.

Et entre les deux, en ceinture basse de notre cher Piton des Neiges, des ilets comme Le Bélier, Grand Sable, Mare d’Affouches et Bras Marron. On est là dans le grenier de Salazie. Mare d’Affouches était même réputée pour nourrir les familles aisées venues profiter des biens des eaux thermales, ou tout simplement les colons. On y cultivait du raisin, du café, du géranium et du vétyver.

C’est pourquoi le drame qui s’est déroulé à Grand Sable est si triste. En effet, par une nuit de 1875, un éboulement de grande ampleur emporte le village tout entier et ensevelit 63 personnes et tous leurs maigres biens. On recense des Maillot, des Boyer et des Clain… Mais aussi des descendants de marrons, qui, en nouveaux hommes libres, avaient choisi de rester dans les hauts du cirque pour travailler la terre. Une stèle est visible à l’écart du sentier qui traverse le nouveau plateau.

Mare à vieille place, le Belvédère

Autre ilet, autre histoire ! A Mare à Vieille Place, on est à peu près au milieu du cirque et on peut observer toute la vallée de la Rivière Fleurs Jaunes. Du belvédère, équipé pour l’observation (kiosques et barrières), on aperçoit en panoramique le Piton des Neiges, le village de Grand Ilet, Le Cimendef, La Fenêtre, La Roche Ecrite, le village de Mare à Martin, Bé Cabo les Hauts et Bé Cabo les Bas, la rivière, la crête de Piton Fougères, celle de Dioré… j’aurais du mal à tout énumérer mais je peux vous dire que c’est magnifique et qu’on peut facilement se laisser absorber par le paysage.

Aussi, en route vers Grand Ilet, à la sortie du village, juste avant que la route ne commence à longer la falaise, quand vous apercevrez un délaissé sur la droite, arrêtez-vous ! c’est un des plus beaux points de vue de La Réunion !

Ce qui corrobore l’hypothèse selon laquelle le nom serait plutôt Mare à VEILLE Place. On peut raisonnablement supposer que des guetteurs étaient postés là pour alerter les marrons de l’arrivée d’éventuels chasseurs qui viendraient attenter à leur liberté.

Col des bœufs

Le Col des Bœufs est LE passage entre Salazie et Mafate. Une route forestière arrive même jusqu’à l’entrée de Mafate et il est aussi possible à un hélicoptère de récupérer les charges (marchandises pour les familles et les gîtes, matériels de construction, …) pour les déposer dans les ilets.
C’est aussi un parking gardé pour les randonneurs qui se dirigent vers le Haut-Mafate, Marla, La Nouvelle, La Plaine aux Sables…  
Ce qui me touche le plus, surtout quand je chausse mes chaussures de marche et que j’emprunte ce sentier, c’est d’imaginer ces pauvres bœufs, chargés comme des … bœufs, arpenter ces sentiers de montagne, étroits et sinueux.

Piton d'Anchaing

Alors, que vous dire sur le Piton d’Anchaing ?...  Allez ! on va commencer par le début : Piton.

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Source Manouilh

Les sources, on en a déjà parlé ! Il y en a partout et elles ressortent au gré de la roche volcanique plus ou moins imperméable quelles rencontrent sur leur chemin souterrain. Alors, aucune surprise de savoir que Salazie en a aussi. Après les anciens Thermes, dont les sources ont malheureusement été ensevelies suit à un éboulis, nous avons la Source Manouilh.

Manouilh était le surnom du salazien, qui, lors d’une balade en forêt, a découvert aux abords d’une cascade, des traces de rouille qui rendaient la roche mais surtout la végétation alentour, ocre. L’eau était même chaude (31°). C’est devenu une curiosité et ça le reste encore aujourd’hui. Évidemment, le parallèle avec les eaux Thermales de Cilaos est facile. On est juste de l’autre côté du Piton des Neiges après tout ! C’est la même eau chargée en fer qui s’oxyde et vient teinter tout ce qu’elle touche. Manouilh avait trouvé les sources pétrifiantes.

Si vous voulez suivre ses traces, suivez le guide ! De L’Ilet à Vidot ou depuis Hell-Bourg, il suffit d’atteindre le plateau de Terre Plate. Et là, au milieu des racines de cryptoméria, le sentier s’enfonce vers la montagne et rejoint le bord d’un torrent de montagne par lequel on atteint la ravine. 3 petits sauts de cabris et on arrive à la sortie des eaux. Attention, cette randonnée n’est ni très longue (entre 4 et 5 heures), ni très difficile. Mais le passage dans la rivière est assez technique ! Il faut être bien équipé.

La Maison Folio

Cette maison du XIXème siècle est nichée au cœur de l’ancienne station thermale d’Hell-Bourg à Salazie.

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Le cimetiere paysager

Vous connaissez maintenant l’histoire de Hell-Bourg. Le village créole a toujours été un lieu de villégiature et de changement d’air. Les premiers sont arrivés et se sont installés. D’autres les ont rejoints. Certains sont repartis. D’autres sont restés. Encore aujourd’hui, C’est un incontournable pour les visiteurs comme pour les locaux. Il faut dire que tout est charmant à Hellbourg, même le cimetière !

Comme toujours à La Réunion, les cimetières sont très … vivants ! Il y a toujours quelqu’un pour entretenir les tombes, les nettoyer, les refleurir, et rendre hommage à nos chers disparus ! A Hell-Bourg, vous avez en plus une vue à couper le souffle sur l’intérieur de l’ile : le massif du Gros Morne (chaine du Piton des Neiges), le Piton d’Anchaing… en arrière-plan. Les arbustes toujours fleuris, la haute haie de bambous, placée là comme pour protéger ses hôtes des intempéries, et cette explosion de couleur de fleurs…

C’est ici qu’en 2006, plus d’un siècle après sa mort, on a rapatrié les restes d’Auguste LACAUSSADE, illustre poète et chantre de Salazie, inhumé en 1897 à Montparnasse à Paris. Dans un de ses poèmes, il avait émis le souhait de ne pas reposer loin de chez lui :

Je ne veux point dormir sur la terre étrangère,
Sur la terre du nord je ne veux point mourir !
J'aurais froid sous un sol sans flamme et sans lumière,
Mes yeux veulent se clore où Dieu les fit s'ouvrir !

Pour la flamme et la lumière, il est servi à Hell Bourg !

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